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Hana Miletić

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In Between Utopia and Failure, Partie III: Brussels, the fall of ideology

L’aliénation induite par les politiques à l’origine des projets qui ont transformé Bruxelles fera l’objet d’un développement critique et d’une discussion avec Ludovic Lamant, en réponse aux deux documentaires montrés lors de cette soirée. Dans son livre Bruxelles chantiers, une critique architecturale de l’Europe(2018), Lamant analyse le désastre architectural du quartier européen et révèle les échecs qui ont conduit un projet politique porteur d’espoir à devenir une machine bureaucratique. Face à la dépossession et à l’aliénation provoquées par ces projets architecturaux et urbanistiques, quelles actions peuvent encore être entreprises au regard des programmes politiques qui ont ruiné des quartiers et balayés des espaces de vie ?

Projection de Charlie De Pauw: promoteur, une documentaire de Charles Lebrun, 1983, 21min
Le documentaire dresse le portrait de Charlie De Pauw (1920-1984), promoteur immobilier, constructeur du très controversé World Trade Center à Bruxelles. “Vous ne devez pas tuer les riches, sinon les pauvres mourront”, déclarait l’homme d’affaires. Charlie De Pauw est lié au phénomène de la bruxellisation, et a été le moteur du plan Manhattan, qui a transformé le Quartier Nord, un ancien quartier ouvrier en une zone de gratte-ciel.

Projection de Waarover men niet spreekt 2 : Alice in Wonderland, un film de Jef Cornelis, 1968, 34min
Ce documentaire est réalisé pour la série télévisée Waarover men niet spreekt (Ce dont on ne parle pas) de la BRT (ancien réseau de radio et de télévision belge), et fait partie des premiers
films de Cornelis sur l’architecture. Basé sur un scénario de Geert Bekaert, le film est une attaque contre l’aliénation provoquée par l’urbanisme. Dans les banlieues monotones, la vie s’éteint et l’ennui règne. Les centres villes se vident et périclitent. L’esprit communautaire n’est pas valorisé et aucun espace d’expression ne semble exister pour l’individu. L’urbanisme moderne n’a pas encore su répondre aux problèmes des villes agonisantes.

Biographies

La pratique de Jef Cornelis (1941-2018) est avant tout une dissection de la télévision elle-même, le média pour lequel il a travaillé. En 1963, après avoir étudié la scénographie et la réalisation à l’Académie du film des Pays-Bas à Amsterdam, Jef Cornelis a commencé sa carrière en tant que directeur du département artistique de la BRT en Flandre, qui deviendra plus tard la VRT. L’œuvre de Cornelis entremêle différents points de vues, principes et techniques sur la relation entre les arts visuels et la télévision, par ses films traitant tant de l’art moderne, que d’architecture et du paysage flamand. Ses documentaires excèdent le simple contenu historique et nostalgique de leurs sujets et explicitent activement l’essentiel
de l’information.

Ludovic Lamant (°1983) est un journaliste français qui a travaillé pour Reuters et les Cahiers du Cinéma avant de rejoindre Mediapart, un média numérique et indépendant français. Ses analyses portent sur les questions économiques internationales telles que la crise des subprimes, l’Union européenne et le développement des pays de l’hémisphère sud. Il est l’auteur de Squatter le pouvoir, Les mairies rebelles d’Espagne (Lux, 2016), et de Bruxelles chantiers, Une critique architecturale de l’Europe (Lux, 2018).